Faits saillants
Changements normaux pendant le cycle menstruel
Le cycle menstruel normal d’une femme présente des variations périodiques en ce qui a trait à différentes hormones (dont les œstrogènes et la progestérone), qui sont produites par les ovaires.
Le cycle menstruel s’amorce par l’apparition du flux menstruel (1er jour), qui se produit lorsque l’endomètre, revêtement épaissi de l’utérus, est éliminé. Pendant et après la menstruation, de multiples follicules des ovaires, qui contiennent des ovules, croissent et se développent. Il s’agit de la phase folliculaire du cycle, qui dure de 7 à 21 jours. Éventuellement, un follicule (le follicule dominant) arrive à maturité, et l’ovule qu’il contient est libéré; c’est ce qu’on appelle l’ovulation. Les œstrogènes sont produits par les follicules en développement, et le taux d’hormones atteint son plus haut niveau juste avant l’ovulation, pour ensuite chuter soudainement. Cette chute entraîne parfois une petite perte sanglante (microrragie) en « milieu de cycle » chez certaines femmes.
Chez la plupart des femmes, l’ovulation survient environ 14 jours avant le début des règles subséquentes; cet intervalle est appelé phase lutéale. Pendant cette phase, le follicule dominant se transforme en un kyste spécialisé appelé corps jaune, qui produit de la progestérone. Cette hormone fait en sorte que l’endomètre (revêtement de l’utérus) reste en place au cas où il y aurait grossesse. En l’absence de grossesse, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone commencent à baisser, entraînant une décomposition du revêtement de l’utérus et le début de nouvelles règles.
Comment les contraceptifs hormonaux empêchent-ils la grossesse?
La pilule anticonceptionnelle combinée, le timbre transdermique et l’anneau vaginal contiennent tous un œstrogène et un progestatif, qui sont semblables aux hormones produites par les ovaires. Ces médicaments empêchent l’ovulation en interrompant le développement d’un follicule dominant. Les femmes ont des règles pendant la semaine au cours de laquelle elles n’utilisent pas la pilule, le timbre ou l’anneau, ou pendant la semaine où elles prennent une pilule inactive, parce que les taux d’œstrogènes et de progestatif diminuent pendant cette période, entraînant ainsi une décomposition de l’endomètre.
Comment la peau peut-elle être affectée par le cycle menstruel?
La peau est l’un des organes qui réagissent à la présence de différentes hormones. Les ovaires produisent aussi de la testostérone, mais l’organisme d’une femme en contient beaucoup moins que celui d’un homme. La testostérone augmente la production d’huile (sébum) dans la peau, mais des taux élevés d’œstrogènes en diminuent la production. À l’aide d’une technique échographique sensible, des chercheurs ont été en mesure de constater que la peau d’une femme est plus épaisse lorsque les taux d’œstrogènes sont à leurs plus élevés, soit aux environs de l’ovulation. La couche adipeuse normale se trouvant directement sous la peau se modifie elle aussi en fonction des fluctuations hormonales, pour atteindre son épaisseur maximale vers le début des règles. Cela peut expliquer le sentiment que certaines femmes ont d’être « gonflées » ou d’avoir « engraissé » aux alentours du début de leurs règles. Un effet similaire a été constaté au niveau des seins. Les femmes qui sont atteintes d’acné et de troubles de la peau comme le lupus ou le psoriasis constatent souvent un accroissement de leurs symptômes pendant la période prémenstruelle.
Changements sur le plan des écoulements vaginaux et du sang menstruel
Les écoulements vaginaux varient en fonction du cycle menstruel. Le flux menstruel contient du sang, des cellules d’endomètre et des liquides sécrétés par le vagin. Il peut être rougeâtre, brunâtre, rosé ou noirâtre selon le débit de l’écoulement sanguin. Un écoulement rapide est souvent rouge, alors qu’un écoulement lent donne le temps au sang menstruel de changer d’apparence, pour prendre une couleur brun foncé ou noirâtre. Le col utérin, qui relie l’utérus au vagin, produit du mucus, dont la consistance varie tout au long du cycle. Lorsque les niveaux d’œstrogènes sont élevés, le mucus est limpide et d’aspect aqueux; après l’ovulation, lorsque les niveaux de progestérone augmentent, il devient plus épais et collant, et prend une couleur variant du blanc au jaune.
Farage MA, Neill S, MacLean AB. « Physiological changes associated with the menstrual cycle: a review », Obstetrical & Gynecological Survey, vol. 64, n° 1, 2009, p. 58-72.
Eisenbeiss C, Welzel J, Schmeller W. « The influence of female sex hormones on skin thickness: evaluation using 20 MHz sonography », Br J Dermatol, vol. 139, 1998, p. 462–467.
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Symptômes liés à l’humeur attribuables à l’utilisation de la pilule anticonceptionnelle
Certaines des femmes qui prennent la pilule anticonceptionnelle connaissent des modifications sur le plan de l’humeur (p. ex. irritabilité et sautes d’humeur). Les symptômes liés à l’humeur suffisent pour convaincre 14 % à 21 % des utilisatrices de cesser de prendre la pilule. Cependant, les résultats d’une nouvelle étude donnent à penser que, dans bien des cas, la pilule n’est pas en cause.
Les contraceptifs oraux combinés (COC) n’ont pas l’habitude de causer des troubles de l’humeur; toutefois, leur utilisation a été associée à une aggravation des symptômes liés à l’humeur chez les femmes atteintes de troubles préexistants.
Cette étude, menée auprès de 118 femmes, cherchait à savoir s’il existait un lien quelconque entre les femmes qui avaient tendance à connaître des symptômes indésirables liés à l’humeur pendant l’utilisation de COC, et les femmes qui étaient atteintes de troubles préexistants liés à l’humeur ou à l’anxiété.
- Près du tiers des anciennes utilisatrices ou des utilisatrices courantes de COC ayant connu des symptômes liés à l’humeur satisfaisaient les critères permettant le diagnostic d’un trouble lié à l’humeur ou à l’anxiété.
- Aucune différence notable n’a été constatée entre les deux groupes sur le plan des troubles liés à l’anxiété seulement.
- On a constaté davantage de troubles liés à l’humeur chez les femmes qui disaient présentement connaître des symptômes liés à l’humeur pendant l’utilisation de COC (14 %) et chez les femmes qui ont cessé d’utiliser les COC en raison de symptômes liés à l’humeur (21 %), par rapport aux utilisatrices courantes de COC qui ne présentaient aucun symptôme lié à l’humeur (0 %).
Les femmes qui ont connu des symptômes liés à l’humeur pendant qu’elles prenaient la pilule présentaient des taux similaires de troubles permanents liés à l’humeur ou à l’anxiété, qu’elles aient cessé ou non de prendre la pilule. Cela donne à penser que, pour certaines femmes, les symptômes liés à l’humeur ne sont pas attribuables à l’utilisation de la pilule, étant donné que leur état ne s’est pas amélioré une fois qu’elles ont cessé de prendre la pilule.
On devrait inciter les femmes à parler à leur médecin lorsqu’elles connaissent des difficultés sur le plan de l’humeur pendant l’utilisation de COC. Chez certaines femmes, il peut être nécessaire d’interrompre l’utilisation de la pilule en vue de déterminer si le COC est à l’origine du problème ou s’il existe un trouble de l’humeur sous-jacent. Dans ce cas, il est important qu’une autre méthode contraceptive fiable soit utilisée pour prévenir une grossesse non désirée. Chez d’autres femmes, on peut constater la présence d’autres indicateurs d’un trouble sous-jacent lié à l’humeur ou à l’anxiété. Il peut alors être plus approprié de poursuivre l’utilisation du COC et de traiter le trouble diagnostiqué.
Segebladh B, Borgström A, Odlind V, Bixo M, Sunderström-Poromaa I. « Prevalence of psychiatric disorders and premenstrual dysphoric symptoms in patients with the experience of adverse mood during treatment with combined oral contraceptives », Contraception, vol. 79, 2009, p. 50-55.
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Comment la douche vaginale affecte-t-elle le risque de contracter une infection transmissible sexuellement?
La douche vaginale consiste à utiliser une solution liquide pour rincer le vagin. Même si certaines femmes croient que la douche vaginale procure des bienfaits hygiéniques ou thérapeutiques, elle n’est pas vraiment nécessaire; en effet, la bonne hygiène du vagin est assurée par la présence de bactéries saines. En fait, la douche vaginale pourrait même être nuisible pour le vagin.
Une nouvelle étude menée auprès de jeunes femmes dont les comportements font qu’elles présentent un risque élevé de contracter une infection transmissible sexuellement (ITS) a montré que le recours à la douche vaginale double les risques qu’a une femme de contracter une infection de ce genre. Pendant trois ans, cette étude a suivi 262 femmes infectées par le VIH et 147 qui étaient séronégatives pour le VIH. Les chercheurs ont analysé les taux d’utilisation de la douche vaginale chez les femmes qui ont contracté une ITS et chez celles qui n’ont pas contracté d’ITS pendant cette période.
Les résultats de cette étude s’alignent sur ceux de bon nombre d’autres études affirmant que la douche vaginale augmente les risques de contracter une ITS et de développer une infection pelvienne. Cette étude démontre que la douche vaginale peut être l’un des facteurs contribuant à l’apparition d’ITS chez ce groupe de femmes à risque élevé. On ne sait toutefois pas si les femmes qui présentent moins de risques en matière d’ITS présenteraient un taux de risque similaire si elles utilisaient la douche vaginale.
Pourquoi la douche vaginale nuit-elle à la santé de la femme?
Aussi étrange que cela paraisse, l’équilibre des différentes bactéries se trouvant dans le vagin, surtout des lactobacilles, constitue l’un des éléments importants de sa bonne santé. Si un type de bactéries ou de levures prend le dessus, une infection pourrait se développer (p. ex. vaginose bactérienne ou levurose).
La douche vaginale peut détruire l’équilibre des bactéries saines dans le vagin, ce qui peut empêcher le bon fonctionnement des systèmes de protection normalement présents dans un vagin en santé et entraîner une infection. Elle peut aussi irriter le vagin, ce qui peut entraîner un risque plus élevé de contracter d’autres infections transmissibles sexuellement.
Tsai CS, Shepherd BE, Vermund SH. « Does douching increase risk for sexually transmitted infections? A prospective study in high-risk adolescents », Am J Obstet Gynecol, vol. 200, 2009, p. 38.e1-38.e8.
Foires aux questions
J’ai entendu dire qu’un frottis de Pap anormal était attribuable au VPH, qui est transmissible sexuellement. Si je suis lesbienne, dois-je quand même me soumettre à un frottis de Pap?
Oui. Les recommandations concernant le dépistage du cancer du col par frottis de Pap chez les femmes qui ont des rapports sexuels uniquement avec d’autres femmes sont les mêmes que pour les femmes hétérosexuelles. Si vous êtes active sexuellement ou si vous avez 21 ans ou plus, votre médecin de famille ou votre fournisseur de soins discutera avec vous de la nécessité de pratiquer un examen pelvien.
Bon nombre de lesbiennes peuvent aussi avoir eu des rapports sexuels avec un homme à un moment ou à un autre de leur vie, et peuvent avoir été infectées de cette manière. Peu importe le cas, le VPH peut être transmis pendant tout type d’activité sexuelle, pas seulement à la suite d’une pénétration vaginale. Le même principe s’applique aux femmes qui n’ont pas nécessairement de rapports sexuels avec pénétration, mais qui peuvent s’adonner à des contacts oraux-vaginaux ou digitaux-vaginaux, ou qui partagent des accessoires sexuels. La transmission du VPH est réduite par l’utilisation de méthodes barrières comme le condom et la digue dentaire (utilisée pour les relations buccogénitales); toutefois, le virus se retrouve souvent à l’extérieur de la zone couverte par la méthode barrière et est transmis par contact cutané.
Il m’arrive de constater que mes écoulements vaginaux ont une odeur désagréable, et j’aimerais régler ce problème. Une amie m’a suggéré d’utiliser une douche vaginale. Quelle est la meilleure façon de régler les problèmes d’odeur?
Un écoulement vaginal dont l’odeur est nauséabonde et dont la couleur ou la quantité est anormale, des démangeaisons et de la douleur à la miction ou pendant les rapports sexuels peuvent être des symptômes d’une infection vulvaire, vaginale ou urinaire. La douche vaginale ne traite pas l’infection, et peut même l’aggraver. Elle peut aussi rendre la tâche difficile à votre médecin au moment d’établir le diagnostic. Les odeurs vaginales peuvent être attribuables à plusieurs causes possibles; c’est pourquoi vous devriez consulter votre médecin afin que le problème soit diagnostiqué de façon adéquate et qu’un traitement approprié puisse être mis en œuvre. Toutefois, un certain écoulement vaginal est normal. Celui-ci peut avoir une légère odeur, et sa quantité, sa consistance et sa couleur varient en fonction de votre cycle menstruel; il peut donc avoir un aspect limpide et aqueux, ou être blanchâtre, jaunâtre et collant.
Ma petite amie a récemment été traitée pour une vaginose bactérienne. Quel est mon risque de contamination?
La vaginose bactérienne ne doit pas être confondue avec une levurose. Il s’agit en fait d’une surproduction de certains types de bactéries. Cette infection est traitée à l’aide d’antibiotiques, comme toute autre infection. Elle survient lorsque le nombre de bactéries saines (lactobacilles) diminue et qu’il y a surproduction d’autres types de bactéries. Cela peut entraîner une augmentation des écoulements vaginaux, lesquels sont accompagnés d’une odeur nauséabonde. Cette infection n’est pas transmissible sexuellement; elle ne peut donc pas être transmise aux partenaires sexuels.
Je crois avoir une levurose, et j’aimerais savoir quel traitement est le plus approprié. Je sais qu’il en existe plusieurs types différents et qu’ils sont disponibles sans ordonnance dans les pharmacies.
La levurose peut affecter le vagin ou la vulve. Elle peut causer des démangeaisons, de l’irritation, de l’enflure, de la douleur à la miction, ainsi que de la douleur et de la rougeur au niveau de la vulve. Un autre signe courant est l’apparition d’un écoulement blanchâtre épais ayant l’apparence de fromage cottage.
Bon nombre de femmes établissent la présence d’une levurose et entreprennent un traitement par elles-mêmes. Toutefois, elles utilisent souvent un traitement dont elles n’ont pas besoin ou n’utilisent pas le bon traitement parce qu’elles peuvent avoir contracté une toute autre infection. Idéalement, vous devriez consulter votre médecin pour vous assurer que le bon diagnostic a été posé avant d’entreprendre un traitement. Par contre, comme il est souvent difficile de voir un médecin dans un court délai, assurez-vous d’obtenir un avis médical si jamais vous décidez d’entreprendre un traitement par vous-même et que ce traitement n’est pas efficace.
Les traitements topiques sont appliqués dans le vagin; ils peuvent prendre la forme de crèmes, de comprimés ou de suppositoires. Ils fonctionnent tous, qu’ils soient administrés en une seule dose ou sur une période de un à sept jours. Certains de ces traitements contiennent des médicaments de type azole, qui sont plus efficaces que les traitements qui contiennent de la nystatine.
Si un traitement ne fonctionne pas, cela peut signifier que vous n’êtes pas atteinte d’une levurose. Si vous avez connu plusieurs épisodes d’infection, il est important que l’on diagnostique votre cas et qu’on vous traite de façon adéquate. Par ailleurs, si votre système immunitaire est affaibli en raison de médicaments que vous devez prendre ou en raison de maladies comme le diabète ou une infection à VIH, il est important que vous consultiez votre médecin.





