Nouvelle directive clinique concernant le Depo-Provera®

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) a publié une nouvelle directive clinique à l’intention des professionnels de la santé sur l’utilisation du contraceptif injectable Depo-Provera®. La directive clinique arrive à point nommé à la suite de préoccupations associant le médicament à la perte de la densité minérale osseuse (DMO).
Ces préoccupations datent de novembre 2004, lorsque la Food and Drug Administration américaine a émis un « encadré noir » entourant l’utilisation de Depo-Provera® (acétate de médroxyprogestérone-retard [AMPR]) en raison de ses effets sur la DMO. En juin 2005, Santé Canada a émis un avis abondant dans le même sens.
La recherche confirme que Depo-Provera® entraîne effectivement une perte de la densité minérale osseuse, mais que la majorité de cette perte osseuse est temporaire, puisque la DMO revient à la normale dès l’interruption du recours au contraceptif injectable. Cette diminution ne se révèle pas avoir pour résultat une augmentation des issues indésirables comme l’ostéoporose ou l’apparition de fractures.
La nouvelle directive clinique de la SOGC recommande que les professionnels de la santé évaluent judicieusement les risques et les avantages du Depo-Provera® avant de le prescrire à une patiente. Ils devraient en outre informer les patientes de la perte éventuelle de la DMO. La directive recommande également que les professionnels de la santé offrent des conseils à leurs patientes quant aux moyens d’améliorer la « santé des os », dont la supplémentation en calcium et en vitamine D et l’abandon du tabagisme. La directive indique également que les données actuelles n’étayent pas le recours systématique à la mesure de la DMO chez les utilisatrices d’AMPR.
Le Depo-Provera® est un contraceptif hormonal injectable administré par un professionnel de la santé une fois toutes les 12 à 13 semaines. Il contient un progestatif, mais aucun œstrogène. Il peut donc convenir aux femmes qui présentent des contre-indications aux œstrogènes, aux fumeuses de plus de 35 ans ou aux femmes qui ont de la difficulté à respecter les schémas posologiques propres à d’autres moyens de contraception, comme la pilule anticonceptionnelle.
Taux élevés de chlamydiose dans les communautés inuites
Un article paru récemment dans le Ottawa Citizen révélait la présence d’un autre problème de santé au sein de la population inuite canadienne. Audrey Steenbeek, professeure de sciences infirmières, s’est penchée sur les taux élevés de chlamydiose au sein d’une petite communauté inuite dans le cadre des études de doctorat qu’elle effectue à l’Université de la Colombie-Britannique.
Mme Steenbeek a effectué des entrevues auprès de 181 hommes et femmes inuits, en plus de les soumettre à des tests visant le dépistage d’infections transmissibles sexuellement (ITS). Ces tests ont révélé que plus de 15 % des personnes soumises au dépistage étaient atteintes de chlamydiose, et que la plupart des cas d’infection se retrouvaient chez les adolescents et les jeunes femmes. Bon nombre de ces personnes n’avaient jamais entendu parler de la chlamydiose, même s’il s’agit de l’ITS bactérienne la plus connue. Aucun cas de gonorrhée n’a été dépisté au sein de cette communauté.
Il est fort probable qu’un taux aussi élevé d’infection ne se limite pas à cette communauté; il s’agit probablement d’une occurrence commune au sein de la plupart des communautés nordiques isolées. Cette situation peut être attribuable à plusieurs facteurs : partenaires sexuels multiples, relation sexuelle non désirée et hésitation à recourir, entre autres, à l’usage du condom pour se protéger contre les ITS. L’abus d’alcool et de drogues dans ces régions constitue lui aussi un facteur de risque quant à la transmission des ITS.
Le taux d’infection par chlamydiose au sein de la population canadienne en général en 2004 était de 197 cas par 100 000, alors que dans le nord du Canada, il allait de 638 à 1 353 cas par 100 000 (Agence de santé publique du Canada).
« High rate of STD chlamydia in Inuit village raises concerns »
Margaret Munro
The Ottawa Citizen
Le samedi 7 janvier 2006
Registre des tests de Pap – L’Ontario devrait-elle y participer?
Depuis 1949, la Colombie-Britannique dispose d’un programme de dépistage du cancer du col. Présentement, tous les tests de Pap effectués par les fournisseurs de soins de santé sont acheminés à un laboratoire central, où ils sont traités et emmagasinés. Les résultats sont envoyés au fournisseur de soins principal, en plus d’être conservés dans un dossier au laboratoire. Des recommandations quant au traitement, le cas échéant, sont aussi envoyées. Les responsables du programme ont remarqué une baisse marquée du taux de décès liés au cancer du col, ce qu’ils croient être la conséquence d’un taux de dépistage accru et d’une prise en charge plus rapide de la maladie. Depuis les années 60, le nombre de cas de cancer du col a chuté de 85 %, et le nombre de décès lui étant attribuables a chuté de 78 %.
Dernièrement, la Saskatchewan, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse ont elles aussi mis sur pied un registre de dépistage du cancer du col. Action Cancer Ontario a récemment fait des pressions auprès du gouvernement visant le financement de son propre registre centralisé. Parmi les avantages d’un tel registre, mentionnons : un emplacement central où emmagasiner les résultats des tests, favorisant ainsi un meilleur suivi des résultats anormaux; l’envoi d’une lettre de rappel aux patientes qui ont omis de se soumettre à un autre test de Pap; et l’envoi d’un rappel aux fournisseurs de soins de santé lorsqu’il est temps d’effectuer un autre test. Un registre central permettrait également de réduire le dédoublement des tests effectués. Des registres de ce genre ont entraîné une baisse des taux de cancer en Amérique du Nord et en Europe.
L’une des principales préoccupations à l’égard du test est que bon nombre de femmes ne s’y sont jamais soumises. Cela peut être attribuable à un manque de connaissances relativement à l’importance de ce test, à de la crainte par rapport au test ou à l’absence d’accessibilité au test. Environ la moitié des femmes présentant un cancer du col ne se sont jamais soumises à un test de Pap. En établissant un registre, il serait possible d’inviter toutes les femmes de la province à prendre part au dépistage, ce qui pourrait inciter toutes les femmes à se soumettre à un test de Pap au courant de leur vie.
« Registry urged for Pap tests
Women would be called back in
Exam can prevent cervical cancer »
Le 13 février 2006, 4 h 56
TANYA TALAGA
JOURNALISTE MÉDICALE
The Toronto Star
Un nouveau gel vaginal contre le VIH pourrait être disponible d’ici 2010
Un article publié récemment par Associated Press a révélé que les femmes disposeront bientôt d’un autre moyen pour se protéger contre le VIH. À l’échelle mondiale, plusieurs milliers de femmes prennent part à des recherches soutenues portant sur un gel vaginal qui réussit à contrer le VIH, virus responsable du sida.
La majorité des gens infectés par le VIH se trouvent en Afrique subsaharienne (25 millions des 45 millions de victimes à l’échelle mondiale). Jusqu’à 60 % des nouveaux cas d’infection relevés en Afrique sont des femmes hétérosexuelles qui contractent le virus de leurs partenaires. Le nouveau gel permettrait aux femmes de se protéger contre le virus, même si leur partenaire hésite à utiliser un condom.
Dr Gita Ramjee, directeur de l’unité de recherche sur la prévention de l’infection par VIH au Medical Research Council d’Afrique du Sud, a fait part de la nouvelle lors d’une conférence sur les maladies infectieuses à Cape Town, en Afrique du Sud. Les résultats finaux de la recherche devraient être disponibles en 2008, et l’on s’attend à ce qu’un produit puisse faire son apparition sur le marché dès 2010.
Le gros des efforts visant à circonscrire la propagation du VIH a porté sur les médicaments antiviraux. Cependant, ces médicaments sont coûteux et leur administration est difficile. En plus de servir au traitement des patientes déjà infectées, le gel vaginal pourrait aider à réduire le nombre de nouveaux cas d’infection.
« Researchers foresee HIV-blocking gel for women »
Barre Montpelier Times, Argus, VT - 24 avril 2006
Par Clare Nullis (Associated Press)